La valeur du lien

Si quelque chose frappe en ces temps où la numérisation de la société avance à grands pas, dans cette époque où les contacts doivent être réfléchis, limités, anticipés, organisés, lors de cette période qui impose le masque à tous presque partout, c’est la dangerosité du manque de lien. Nous n’allons pas ici polémiquer sur la gestion de la pandémie, rassurez-vous. Cet article, précisons-le, n’a pas la prétention d’être médical mais plutôt philantropique même si cela n’empêche pas le lien entre ces deux aspects.

On remarque en effet dans cette crise, une individualisation accélérée, une peine à écouter un discours provenant d’une altérité, une volonté d’isolement voir d’ostracisation, une peur panique de la contamination, qui peut certes être néfaste pour la santé physique mais peut aussi nuire à la qualité des relations humaines, également essentielles à notre bien-être, si celui-ci est pris dans une perspective systémique.

On note en parallèle et en réponse à ces comportements imposés, le besoin irrépressible et irremplaçable du contact se manifestant par le lien humain. Se rencontrer, se réunir, chanter, parler, prier, se cultiver en collectivité, tout cela est fragilisé, légiféré.

Concentrons-nous sur ce qu’il nous reste. Arrêtons-nous sur la valeur de quelques micro-gestes qui constituent la dignité et la beauté de ce qui caractérise notre espèce. Considérons par là nos semblables en tant qu’individus propres et non telle une masse informe.

Avec la moitié de notre visage caché pour la plupart du temps, lorsque l’on se sourit désormais, on se sourit mieux si j’ose dire ; en ôtant son masque, marquant un arrêt ou alors avec une intensité dans le regard se manifestant par un plissement des yeux insistant. Savourons ces sourires. Rendons-les sans détours.

Traitons pour continuer, l’étendue des possibilités du toucher que nous appellerons « social » ; une main sur l’épaule, une accolade, un câlin ont le pouvoir de simplement nous ramener à notre propre existence, ceci, grâce à l’autre, de nous ramener parfois carrément à la vie.

Se toucher, se regarder, se sourire, c’est cela exister.

Cela même, s’avère capital quand la solitude frappe et se révèle certainement bien plus vital que de polémiquer virtuellement sur les réseaux. Peut-être est-ce même finalement la meilleure façon de se protéger.

En ces temps pandémiques et festifs, les suicides, les dépressions, les drames croissent d’autant plus. Soyons attentifs à l’altérité et cultivons ces gestes sur lesquels on ne peut légiférer, ces restes de bienveillance, d’humanité et finalement de liberté.

Je vous souhaite surtout que ceux-ci soient contagieux !

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