Toujours les mèmes

à nos pères, fans de la théorie mémétique dawkinienne et du mimétisme girardien.

Hyper connectés, nous subissons avec une délectation presque écœurante la vague des mèmes. La charge virale que nous participons à gonfler avec un entrain volontaire ou une résignation conscientisée, se révèle bien plus puissante qu’aucun autre gouvernement en place, allant jusqu’à tous les impacter. Que ceux qui critiquent les suiveurs de mode jettent la première pierre de la pensée préformatée, car désormais le « mainstream » et « le contre – pouvoir » nous sont proposés tout cuit comme la thèse et l’antithèse d’une rhétorique que nous ne savons plus pratiquer.

La propagande n’a plus besoin de fondement idéologique tant est si bien qu’elle se construit à présent sur des algorithmes que nous nourrissons, nous dictant les discours à tenir, la posture à choisir, les comportements à adopter, quoi, comment consommer, pour qui voter. Notre inconscient collectif s’affiche au grand jour comme une trace hypravisible n’ayant pourtant plus jamais valeur d’empreinte ; tout s’efface inexorablement, au fur et à mesure, au détriment de la prochaine vague du sujet en vogue sur laquelle nous allons plus ou moins bien surfer.

Le contenu de nos conversations semble tristement prévisible, il en va de même de nos attitudes. Grégaires nous sommes, grégaires nous suivons, grégaire je suis, c’est si bon, hyper mimétisme quand tu nous tiens. Captons la tendance, soyons « in ». Comme pour coller à la politique de « quotas » tout y paraît, influenceuse des influenceurs ; la parole officielle et son pendant la théorie du complot, sa version pathétique, humoristique et moraliste. La voilà la déferlante classique d’une série de mèmes qui s’avère à l’origine de la contagion de la maladie d’une opinion, qui sous des allures polymorphes, n’est rien d’autre que tristement uniforme.

Il serait prétentieux, immature et illusoire d’imaginer pouvoir s’en extraire sans créer d’autres mèmes. Toutefois, avoir conscience de notre fonctionnement vis à vis de ceux-ci, en discerner certains contours, tenter de comprendre l’impact qu’ils ont sur notre esprit, est absolument nécessaire, impérieusement salutaire pour ne pas trop participer à reformer sans cesse, inéluctablement un système stagnant qui se mord la queue, mimant le mouvement du progrès.

Et si parler d’autre chose était le nouveau libertarisme ?

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